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mercredi 16 avril 2014

Pauline Marois aurait déclaré: «C'est moi la première vraie belle-mère du PQ!»

Prenant publiquement la parole pour la première fois depuis le soir de la cuisante défaite électorale de son parti, l'ex-première ministre du Québec et chef démissionnaire du Parti Québécois, Pauline Marois, s'est adressée aux médias lors d'un point de presse tenu en après-midi.

D'un ton digne, elle aurait d'abord, selon nos sources, dressé un long bilan des réalisations de son gouvernement: «Pour un gouvernement qui pensait supposément juste à faire un référendum, je nous trouve pas pire pantoute! In your face, mon Philippe!» Elle aurait en outre prononcé quelques mots pour féliciter son successeur Philippe Couillard d'avoir accédé au poste de premier ministre, l'objet de sa victoire – «his abject victory», aurait-elle répété pour le bénéfice des représentants des médias anglophones présents et identifiables au sein du groupe par le sourire chronique qu'ils affichent depuis le soir du 7 avril.

Puis, Pauline Marois aurait levé le menton bien haut avant de déclarer d'un ton solennel:
«Je suis fière et reconnaissante d'avoir été la première femme à être élue au poste de première ministre du Québec. À compter d'aujourd'hui, je me ferai un devoir d'être à la hauteur de mon nouveau rôle. Parizeau, Bouchard et Landry n'ont qu'à bien se tenir: c'est moi la première véritable belle-mère du PQ!»

Par ailleurs, alors que madame Marois était toujours au micro pour répondre aux questions des journalistes, les députés Bernard Drainville, Jean-François Lisée et Pierre-Karl Péladeau auraient été vus à l'extérieur de la salle, faisant le pied de grue (d'autres sources parlent de jambettes) derrière une porte de service dans l'attente fébrile de venir tour à tour galvaniser les troupes péquistes en déroute.

Parallèlement, selon la rumeur, celle qui porte désormais aussi le titre honorifique de «Premier agneau de Charlevoix sacrifié selon les rites électoraux erratiques des Québécois» aurait émis à l'écart des micros ce commentaire à la volée au sortir de la salle:
«Y vont voir que 70 gigots libéraux élus, quand c'est pas frais, c'est pas long que ça finit par puer, même quand ça a été au préalable cuit pendant neuf ans dans une poêle en teflon où rien ne colle.» 



mercredi 9 avril 2014

Recrudescence de la popularité de la Reine au Québec au lendemain de l'élection

Au lendemain de l'élection québécoise qui a résulté en une désaffection historique à l'égard du Parti Québécois, nous avons appris d'une source fiable au gouvernement fédéral que le nombre de demandes provenant du Québec pour obtenir une photographie officielle de Sa Majesté la reine Elizabeth II avait explosé.


Comme cet engouement inattendu pour le portrait royal gratis engendrera d'importants coûts non prévus dans le budget fédéral actuel, le gouvernement Harper annoncerait incessamment par voie de communiqué que le montant de la facture de cette ferveur royaliste soudaine de la population québécoise sera entièrement prélevé à même la prochaine enveloppe de péréquation destinée à la province.

Un proche du premier ministre aurait ainsi expliqué à la meute de correspondants parlementaires ce choix de monnayer lesdites photographies: «Vous le savez comme moi, aujourd'hui, les Québécois se disent fédéralistes, mais ça ne prendrait qu'une bénigne manœuvre politique pour tenter de les assimiler pour que, tout d'un coup, ils virent complètement leur capot de bord.»

Parallèlement, selon la rumeur, le crucifix de l'Assemblée nationale aurait suinté, juste au-dessus du fauteuil du président, de l'encre formant ce message: «Finalement, qu'est-ce qui arrive avec moi?»

mardi 1 avril 2014

QUÉBEC 2014 - Une heure moins tard que dans les Maritimes: ce qu'on dit les chefs

DERNIÈRE HEURE - Philippe Couillard aurait mentionné en point de presse que pour les Québécois en quête du mirage de la liberté, RÉFÉRENDUM est synonyme d'AQUARIUM.

Mise au courant de ce nouveau 'one-(high)liner' du chef libéral, Pauline Marois aurait répliqué:
«Je trouve que monsieur Couillard est de plus en plus pitoyable dans son rôle de dauphin de Jean Charest!»
Quant au chef de la Coalition avenir Québec François Legault, fidèle à son engagement de ne plus parler que d'économie, il est demeuré muet comme une carpe.

Enfin, Françoise David aurait aujourd'hui nagé dans ses propres eaux, abordant le sujet de l'exploitation pétrolière à Anticosti en ces termes:
«Jamais un député solidaire ne s'assoira à côté d'un gouvernement qui ne fera pas en sorte que l'exploitation de nos ressources naturelles entraine des retombées du même ordre que celles de la pêche miraculeuse au lac de Tibériade pour le peuple du Québec. Jamais.»


Pauline Marois annonce l'annulation du scrutin du 7 avril

Aussitôt arrivée devant la meute de journalistes qui l'attendaient pour son point de presse matinal, Pauline Marois aurait coupé court à l'interrogatoire attendu au sujet des allégations de financement illégal impliquant son mari Claude Blanchet. Contre toute attente, c'est une chef péquiste rayonnante et détendue - certains avancent même qu'elle réprimait alors un fou rire - qui se serait écriée aux représentants de la presse:
«Time out, les boys!... POISSON D'AVRIL! Y'en n'aura pas d'élection le 7 avril! On vous a bien eus, hein?»
Visiblement indisposé par cet aveu de la première ministre, un des représentants des médias anglophones aurait demandé d'un ton cynique:
«Plutôt que d'être une bonne blague, votre volteface d'aujourd'hui n'est-elle pas plutôt motivée par votre difficulté à ramener votre projet de charte de la laïcité - qui est objectivement parlant raciste et xénophobe - au cœur des débats de la campagne?»
D'un ton badin, madame Marois aurait simplement envoyé:
«Here, let's say, the many souverainiste fish always gigotent and barbotent in my party, you know, so when we talk about the Charte de la laïcité during the campagne, the people do not be afraid about un référendum. As we say in the dicton gaspésien: if you succeed in détourner l'attention of the tuna, it will be pas mal plus facile de l'embarquer in the chaloupe 
Parallèlement, selon la rumeur, Jean-Marc Fournier, dont l'absence dans la campagne libérale a été maintes fois soulevée, aurait réagi à la nouvelle en ces termes:
«Ben voyons, pensez-vous vraiment que je l'savais pas que c'était une joke, cette campagne-là? Non mais, vous auriez dû allumer qu'il y avait anguille sous roche quand vous avez remarqué que je ne courais pas devant vos Kodak pour me montrer la binette.
Inquiétez-vous pas: quand ça va être une vraie campagne, je vais être là en permanence comme une sangsue accrochée au dos d'un requin!», a-t-il ajouté avant de se racler la gorge et de prendre une gorgée d'eau.
Esquivant habilement une dernière question au sujet de la reprise prochaine des travaux de la commission Charbonneau, le député de Saint-Laurent aurait conclu son point de presse en s'indignant que ce poisson d'avril était une farce lamentable et indigne d'une première ministre, indiquant d'un ton solennel que son parti à lui ne se limiterait jamais à une seule journée par année pour rire du monde.

 

jeudi 27 mars 2014

La laïcité du paradis fiscal de Philippe Couillard remise en question par le PQ

Coup de théâtre dans la campagne électorale québécoise.

Alors qu'il était pressé de questions au sujet de ses revenus en Arabie Saoudite transférés dans un paradis fiscal, le chef du Parti libéral du Québec Philippe Couillard a vivement défendu son choix en expliquant que l'éducation religieuse qu'il a reçue dans sa jeunesse lui avait toujours enseigné à mettre en œuvre toutes les actions possibles pour se rapprocher du paradis.

Il n'en fallait pas plus pour que le ton de la conférence de presse change et que le chef du PLQ affirme outré que l'incompréhension des journalistes était un signe précurseur des effets néfastes qu'apporterait une Charte de la laïcité sur le Québec dans l'éventualité de l'élection du Parti Québécois.

Sur Twitter, l'affaire a déchainé les passions chez les supporters du Parti Québécois, eux qui sont pourtant reconnus pour être si modérés, objectifs et respectueux d'autrui. L'un d'eux a même écrit, dans un élan de conviction partisane:
Philippe (apôtre) #PLQ + François (pape) #CAQ, des noms qui annoncent le retour des soutanes au Qc. Vive le dogmatisme mais laïque! #Qc2014

Parallèlement, selon la rumeur, le think tank de la campagne libérale songerait à fournir à son cheuf de nouvelles munitions en reprenant à son avantage d'ici le 7 avril un slogan inspiré d'une époque lointaine où la transparence et les débats d'idées caractérisaient les mœurs politiques au Québec:
Le PQ, c'est l'enfer; le PLQ c'est le paradis!

En guise de complément d'information, il convient de rapporter qu'à l'heure où le point de presse de monsieur Couillard n'était pas encore terminé, une jeune femme de la région s'apprêtait à faire parvenir sa déclaration de revenus 2013 à Revenu Québec. Résistant à l'attrait de déposer LÉGALEMENT le p'tit change de ses pourboires dans un compte offshore à l'île de Jersey, la femme - grassement rémunérée de son salaire de serveuse - aurait affirmé d'un ton fier: «Il faut bien que je fasse ma part comme tout le monde pour le financement de notre projet de société. Si moi je ne le fais pas, comment pourrais-je après ça exiger des politiciens pour qui je vote de faire preuve du même sens de la collectivité?»

jeudi 30 août 2012

Fable électorale pour contrer le vote stratégique

Au Québec, jamais aura-t-on autant parlé de vote stratégique. Pour le Parti Québécois, c'est même devenu le nerf de la guerre. Dans son ultime campagne publicitaire à la radio, le PQ y va à fond de train dans ce sens avec les lignes «Moi, je vote majoritaire; je vote Parti Québécois!»

Le bémol, ici - j'en ai déjà fait état dans un précédent texte - c'est qu'une fois élu, le PQ (ou quelque autre parti ou politicien ayant eu recours à cette stratégie électorale) aura tôt fait d'interpréter à son avantage cet appui électoral. Avant l'élection, on appelle au vote stratégique; après le vote, on se gargarise d'avoir obtenu un appui sans équivoque à son programme et à sa personne.

Si vous n'êtes pas familier avec le concept du vote stratégique, je me permets de vous en décrire ici - subjectivement - la nature. Le vote stratégique consiste à voter pour le moins pire des candidats plutôt que pour le meilleur selon ses critères personnels, le tout pour bloquer l'éventuelle élection de la pire des options. En d'autres termes, chaque électeur a à divers degrés des convictions bien à lui qu'il accepte de mettre de côté - parfois en se pinçant le nez - pour favoriser le candidat le plus susceptible d'empêcher le parti qu'il déteste plus que tous les autres de remporter l'élection dans sa circonscription.

D'un point de vue logique, bien qu'il puisse être compréhensible pour quelqu'un de chercher par tous les moyens à défaire la pire option, il demeure que cette approche fait en sorte que l'électeur n'est trop souvent pas grandement emballé par son choix, ce qui contribue inévitablement au cynisme et ce, jusqu'à la prochaine élection où ce même électeur sera à nouveau tenté de voter stratégiquement contre tel politicien ou parti qu'il voudra voir perdre à ce moment-là.

La conséquence de la vigueur du vote stratégique est fort simple: c'est l'alternance au pouvoir de programmes politiques peu audacieux et plus ou moins blanc bonnet bonnet blanc dans la poursuite d'une stabilité politique rassurante, mais jamais pleinement satisfaisante. Pour prendre une image, le vote stratégique est un peu le coït interrompu de la démocratie!

Cela étant dit, le vote stratégique est légitime et tentant du fait qu'il est susceptible de donner des résultats immédiats, comme il semble que ce sera le cas lors du scrutin de la semaine prochaine où les Libéraux risquent fort d'être déboulonnés après neuf années de pouvoir. Le vote stratégique, donc, est une action rapide à effet rapide, que je suis tenté d'illustrer ainsi: si votre enfant arrive en pleurant à la maison en vous disant qu'un camarade d'école le bouscule et se moque de lui, vous pouvez lui suggérer de devenir dès le lendemain ami avec le plus fort de sa classe même s'il n'a pas beaucoup d'affinités avec lui. À court terme, ça va régler son problème à coup sûr, jusqu'au jour où le protecteur va en décider autrement et commencer lui aussi à bousculer votre enfant. Autre approche: vous pouvez aussi lui suggérer de resserrer les liens avec ses autres camarades de classe qui se font eux aussi baver pour éventuellement être capable de renverser la vapeur et d'exiger le respect grâce à la force du nombre. Mais cela demande beaucoup d'efforts... et du temps.

C'est la même chose dans l'arène politique: à long terme, le vote stratégique est dévastateur pour les idées nouvelles et les petits partis qui ne parviennent que très rarement à émerger devant les gros protecteurs du statu quo, parce que les électeurs veulent en finir illico avec le gouvernement qu'ils veulent sanctionner en se rangeant du côté du plus fort en termes d'intentions de vote.

Pourtant, la perspective de changer les choses à long terme et de façon plus durable n'est pas une aventure impossible; pour y parvenir, il faut juste y croire, persévérer en redoublant d'ardeur, prendre son mal en patience, être prêt à surmonter de nouveaux écueils, etc. En politique comme dans la vie, la sagesse commande la patience et l'effort à longue échéance, comme l'a illustré Jean de La Fontaine dans Le lion et le rat: «Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.»

Cela m'emmène à vous partager ma propre fable sur le vote stratégique, contemporaine mais ô combien plus modeste dans le style que celles de l'illustre poète. Je l'intitule:

De la division du vote naquit un jour Québec solidaire


Amir Khadir, héros de fable


Il était une fois...

Hum-hum!

Il était une fois, une circonscription électorale du nom de Mercier. Ce comté, péquiste depuis des lustres, s'était même offert la coquetterie d'initier cette histoire d'amour en défaisant en 1976 nul autre que le premier ministre Robert Bourassa lui-même et en élisant le péquiste Gérald Godin.

Puis, le temps passa et un jour, quelque part en 2000, le député toujours péquiste de Mercier Robert Perreault démissionna et s'ensuivit le déclenchement d'une élection partielle fixée au 9 avril 2001.

Cette élection, contre toute attente, se conclut par la victoire de la candidate du Parti libéral Nathalie Rochefort. La cause de ce retournement: la division du vote souverainiste.

Concrètement, les forces de gauche se rassemblèrent derrière un candidat indépendant souverainiste ayant une bonne notoriété, Paul Cliche (Cette alliance fut plus tard en 2002 officialisée par la création d'un nouveau parti: l'Union des forces progressistes.). Puis, durant la campagne électorale, le candidat péquiste Claudel Toussaint fut éclaboussé par des allégations sur son passé de violence conjugale, avec le résultat que la candidate du PLQ se faufila entre les deux.

Pour Québec solidaire qui naîtra quelques années plus tard en 2006, le plafond de verre venait en quelque sorte d'être brisé: les appuis de la gauche, solides dans Mercier, pouvaient dorénavant s'exprimer en dehors du PQ dans une option toute aussi électoralement viable.

À l'élection générale suivante, le péquiste Daniel Turp a été élu, défaisant notamment le représentant de l'UFP, un certain Amir Khadir. Même résultat à l'élection de 2007, à la différence que Khadir, maintenant candidat sous la bannière unie de Québec solidaire (parti né de la fusion de l'UFP avec le mouvement Option citoyenne de Françoise David), recueille cette fois-ci 29% des voix, à quelques points seulement du gagnant Turp.

«Patience et longueur de temps...»

Ce n'est qu'en 2008 qu'Amir Khadir sera finalement élu député et, aujourd'hui en 2012, le député de Québec solidaire s'apprête à être réélu par une forte marge. Qu'on soit en accord ou non avec les idées défendues par Amir Khadir et Québec solidaire, il convient au minimum de reconnaître que la présence de ce parti à l'Assemblée nationale est souhaitable et apporte une voix différente - d'aucuns diront discordante - dans le débat public.

La morale, c'est que bon nombre des électeurs de Mercier ont dû avoir la nausée d'avoir vu un jour une candidate du PLQ être élue chez eux (Il est à noter que Nathalie Rochefort a toujours été associée à la gauche, même au PLQ), mais que le temps, une bonne dose de vertu et beaucoup de fortune (les deux fondements indissociables du succès politique pour Machiavel) auront permis qu'aujourd'hui, Québec solidaire compte sur un député dont les appuis sont tels qu'il apparait indélogeable, du moins à court terme.

Si les gens de Mercier avait toujours voté de façon stratégique, le PQ n'aurait jamais perdu la circonscription. Nathalie Rochefort du PLQ n'aurait certes jamais été leur députée, mais Amir Khadir non plus!

Le 4 septembre prochain, au lieu d'opter pour le vote stratégique du moins pire ou de «voter majoritaire» comme certains en font maintenant l'appel dans leurs publicités, songez plutôt à voter pour votre premier choix, pour votre coup de coeur, pour le parti ou le candidat qui vous propose de construire un modèle de société dans lequel vous souhaitez vieillir et voir vos enfants et petit-enfants grandir. (Si cela veut dire pour vous de voter pour le parti qui remportera l'élection, tant mieux: vous serez doublement gagnant!)

Quand vous serez dans l'isoloir avec votre bulletin de vote en main, prenez le temps d'une grande respiration: «Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage.»

On ne sait jamais...

Et si nous décoller un peu le nez sur le présent nous permettait collectivement de mieux entrevoir et façonner l'avenir? Oui, Debout! Assez c'est assez. Faut que ça change. Pour le Québec, c'est À nous de choisir... Le 4 septembre, ON vote!


* * * * *

Article intéressant qui rapporte les propos de Jean-Martin Aussant, chef d'Option nationale, au sujet du vote stratégique:
http://www.ledevoir.com/politique/elections-2012/358082/le-pq-ne-cherche-qu-a-se-faire-elire

lundi 27 août 2012

Le PQ parle des deux côtés de la bouche

À la radio ce matin, Paul Arcand a abordé la toute récente sortie médiatique de Jean-François Lisée appelant au vote stratégique des forces souverainistes de gauche (sic) vers le PQ pour battre les Libéraux, opération qui laisse planer l'idée que le PQ est en difficulté dans certains de ses bastions et… prend un peu les électeurs pour des tartes, à tout le moins pour d'insouciants égarés qu'il convient d'orienter de haut dans la bonne voie. (http://www.lapresse.ca/le-soleil/dossiers/elections-quebecoises/201208/26/01-4568345-appuyer-lidee-de-parizeau-serait-une-erreur-dit-lisee.php)

Personnellement, je respecte beaucoup Monsieur Lisée, au point où si je l'avais eu comme candidat dans ma circonscription, j'aurais fort probablement voté pour le PQ. (Tout le contraire toutefois de ma réalité dans Johnson, où le candidat est un éteignoir à cette option d'un appui péquiste de ma part!)


Appel à faire ce que le PQ dit et pas ce qu'il fait


Par contre, sa sortie douteuse sur le vote stratégique m'amène à un questionnement profond sur les actions concrètes du PQ sur le terrain électoral. Ainsi, Jean-François Lisée lance un vigoureux appel au vote stratégique, à condition que cette stratégie vienne uniquement en aide au PQ.

Si le vote stratégique - réunir les forces souverainistes - est vraiment la chose à faire pour le PQ, pourquoi dans ce cas le Parti Québécois a-t-il présenté des candidats dans Mercier contre Amir Khadir et dans Nicolet-Bécancour contre Jean-Martin Aussant? Dans ces deux-cas, le PQ savait très bien qu'il n'avait aucune chance de l'emporter, mais toutes les tactiques sont bonnes pour écraser ces deux larves insignifiantes (du point de vue péquiste) que sont QS et ON.

Maintenant que le vote stratégique lui rentre dans les flancs, le PQ s'indigne du phénomène, alors qu'il a lui-même nourri la situation en levant le nez sur les possibilités de rallier ce vote dit progressiste par une entente stratégique avec ces deux partis. C'est particulièrement vrai dans le cas d'Aussant, lui qui a toujours laissé entendre qu'une fois réélu sous sa nouvelle bannière, il se rangerait du côté d'un gouvernement péquiste pour l'essentiel… Mais ce n'était pas assez pour le PQ, alors on lui a opposé un bon péquiste bien fidèle. Résultat : Aussant a dû déployer ses forces pour présenter un candidat dans toutes les circonscriptions pour répliquer au refus péquiste d'une trêve, et maintenant le PQ vient brailler que les 2 ou 3 % qui vont voter pour ON devraient lui revenir en toute logique. C'est pathétique!

Dans mon comté, Johnson, le candidat péquiste énonce même publiquement son mépris à l'égard des sympathisants d'ON et de QS, tout en s'acoquinant avec le candidat du Parti conservateur aux dernières élections fédérales. (http://lecentricois.blogspot.ca/2012/08/pourquoi-je-ne-voterai-pas-non-plus_19.html) Et après ça, les électeurs de ces deux partis devraient ressentir chaleur et bienveillance dans l'accueil du Parti Québécois et trouver le salut dans cette option vire-le-vent-vire-la-poche? Pfffff...

Pour le PQ, d'un côté, Aussant n'est plus de la famille, alors la ligne à suivre, c'est à bas l'hérétique dans une application sans subtilité de la politique de la terre brûlée: écrasons-le quitte à faire élire un caquiste qui se faufilera entre les deux dans Nicolet-Bécancour; en d'autres termes, on sait qu'on ne gagnera pas, mais on met tous les efforts pour que LUI non plus ne gagne pas! Puis, de l'autre côté de la bouche, laissons Lisée faire une sortie pour faire pitié dans une tentative pour contrer l'engouement palpable d'une certaine frange de l'électorat de Rosemont pour François Saillant et de partout ailleurs pour Québec solidaire et Option nationale.

Après ça, ce sont les électeurs qu'on accuse d'être cyniques…

dimanche 19 août 2012

Pourquoi je ne voterai pas (non plus) pour le PQ... dans Johnson! (suite et fin)

(Voir la première partie de ce texte: http://lecentricois.blogspot.ca/2012/08/pourquoi-je-ne-voterai-pas-non-plus.html)


Le principal répulsif à un vote au PQ dans Johnson


Mais qui est donc cet être qui m'incite tant à gagner les canots de sauvetage pour fuir hors du navire à maints égards rassembleur péquiste? Il s'agit d'Yves-François Blanchet, député actuel de la circonscription de Drummond et qui sollicite un nouveau mandat dans Johnson, dont la carte a été complètement redécoupée pour inclure la moitié de Drummondville dans laquelle se dresse le modeste bungalow où crèche avec sa famille l'auteur de ces lignes.

Il est probable que, si vous n'êtes pas de la région, vous ne soyez pas familier avec ce nom. Élu de l'Opposition officielle péquiste dans Drummond en 2008, Blanchet a ramené la circonscription dans le giron du Parti Québécois après la vague adéquiste de l'élection de 2007 qui avait déferlé sur le comté, comme sur une bonne partie du Québec. Depuis, le député de Drummond a occupé diverses fonctions parlementaires, dont la dernière au service de laquelle il a le plus fait parler de lui, soit celle de porte-parole de l'opposition en matière d'immigration, de communautés culturelles et de langue.

Dans ce dernier créneau de la langue, Yves-François Blanchet a plutôt tendance à se draper dans un voile de pureté et à jouer les ayatollahs linguistiques. C'est lui qui, notamment, est de toutes les tribunes pour faire sien le combat inutile et perdu d'avance de la francisation des marques de commerce. Ce cheval de bataille, qui ne peut que frapper le mur de la réalité - un nom propre, qu'il soit celui d'une personne ou d'une entreprise, n'appartient pas plus à une langue qu'à une autre - n'est en quelque sorte, pour quiconque a un oeil minimalement critique, qu'un moyen pour détourner l'attention de la probabilité que le Parti Québécois porté au pouvoir ne serait pas vraiment plus vaillant que le PLQ en matière linguistique. Ainsi, cet acharnement sur les marques de commerce est annonciateur qu'un gouvernement péquiste se contenterait de s'acharner sur quelques symboles linguistiques factices plutôt que de mettre de l'avant une véritable opération d'impact pour faire respecter les dispositions de la Charte de la langue française, bafouées allègrement aujourd'hui comme dans le passé (même sous les gouvernements du Parti Québécois de 1994 à 2003 notamment). (Voir http://lecentricois.blogspot.ca/2012/06/la-francisation-des-marques-de-commerce.html)

Blanchet, donc, est celui qui au PQ joue les gros bras dans le dossier linguistique, toujours avec la subtilité d'un char d'assaut, mais aussi le génie d'un gars qui consulte le dictionnaire avec des gants de boxe, car le problème avec le français au Québec, il n'est pas là!

Mais, pour Yves-François Blanchet, dont l'égo manifestement surdimensionné s'exprime ouvertement dans chacune de ses sorties médiatiques, la bataille de la francisation des marques de commerce aurait pu lui servir de faire-valoir pour attirer sur lui micros, caméras et appareils photo. Je dis «aurait pu», car dans la réalité, que les noms de commerce soient en anglais, en italien ou en souahéli, les Québécois n'en ont rien à faire et savent très bien faire la part des choses. Ce qui comptent pour eux, c'est que le service à la clientèle, la langue de travail et l'affichage dans les commerces qu'ils fréquentent soient en français. Mais bon, je ne m'étends pas ici sur le sujet, qui n'est pas le coeur de mon propos.

Revenons plutôt à notre Kid Kodak politique régional, qui a manifesté son désarroi à l'égard du désintéressement de SON dossier de la part des médias nationaux. Sur Twitter le 7 août dernier, il a écrit:
«La petite victoire d'Yves-François Blanchet - / Une entente dont les médias nationaux ont refusé de parler. Bizarre.»

Voyons mon bon Yves-François, ça n'a rien de bizarre: les médias nationaux, ils ont autre chose à faire que de donner de l'importance à tes shows de boucane!


Si l'homme est à l'image de son usage de Twitter


Par ailleurs, parler de la présence sur Twitter de mon député qui souhaite l'être à nouveau m'amène sur un autre terrain, celui de l'éthique et du respect de la démocratie. C'est que Monsieur utilise abondamment Twitter comme d'autres de ses collègues, à la différence qu'il y illustre son penchant pour la discrimination et son manque de respect des électeurs en bloquant de la liste de ses abonnés quiconque ne chante pas ses louanges. Bien sûr, j'ai moi-même subi les foudres de sa sainte exclusion pour avoir osé, vil mécréant que je suis, ne pas vénérer sa position linguistique (voir le lien ci-haut). Au départ, cela n'est qu'un insignifiant détail et un Centricois peut aisément vivre une vie saine et normale sans avoir à lire dans son fil Twitter les messages d'autocongratulation de son infatué député. Par contre, ça soulève tout de même un questionnement éthique: si mon député me refuse l'accès à ses publications Twitter dans lesquelles il fait part de ses actions et prises de position, sous prétexte que je ne pense pas toujours comme lui, est-ce qu'il acceptera de me recevoir et de m'entendre si jamais j'ai besoin de lui pour quoi que ce soit quand il sera député? Pas sûr...  

Ironie suprême, dans la catégorie 'Faites ce que je dis et pas ce que je fais', Monsieur Blanchet ose affirmer sans rire:
«J’utilise beaucoup les médias sociaux parce que, comme souverainistes, nous ne sommes pas équitablement traités par les médias nationaux. Facebook et Twitter sont des façons de parler directement aux citoyens, qui s’expriment aussi en toute franchise. Les gens réagissent plus nombreux et plus fortement aux commentaires positifs et à mes rencontres qu’aux critiques que je dois parfois publier. Il y a un message là-dedans.» (http://www.journalexpress.ca/Elections/2012-08-02/article-3044601/Yves-Francois-Blanchet-souhaite-des-debats-didees/1)

Si Yves-François Blanchet sait que les médias sociaux lui servent à parler aux citoyens (ça il le sait!), il ignore toutefois que la grande nouveauté de ces mêmes médias sociaux est que ceux-ci devraient lui permettre également de les écouter, de discuter, d'échanger, de débattre avec eux même s'ils sont en désaccord, ce qu'il ne fait pas (sauf si c'est médiatisable comme dans son récent et virulent échange avec le chroniqueur Marc Cassivi sur Twitter), préférant abreuver ses seuls supporteurs de ses lignes assassines et flamboyants discours sur la montagne devant lesquels tous sont béats devant sa Grandeur!

Moi, je ne veux pas d'un député dont les lignes de communication ne sont accessibles qu'aux petits amis et gens influents. Un député qui méprise ses concitoyens qui veulent débattre sans accueillir toutes ses paroles comme des Vérités révélées ne mérite pas leur confiance. Un élu qui se sert de son compte Twitter pour alimenter le débat public de ses positions et qui répond à la divergence d'opinion à la manière d'un baveux de cour d'école en écrivant un brave «Vous voilà bloqué.» (http://yfrog.com/mu80qp) à quelqu'un (pas moi dans ce cas bien précis) qui veut débattre et peut-être tenter de ramener ce demi-dieu sur le plancher de la libre pensée, c'est mesquin et indigne de la fonction de représentant public qu'il occupe.

Bref, sur cette question, un député qui utilise Twitter pour vendre sa salade, annoncer sa noble présence dans les soupers aux bines et diffuser ses vues et opinions sur des questions d'ordre public et qui fait de la ségrégation à l'égard de certains de ses électeurs en les bloquant de façon cavalière parce que ceux-ci expriment des bémols à l'égard des déclarations de Sa Magnificence est un acte profondément antidémocratique qui motive un peu plus encore le retrait de mon vote au Parti Québécois.

Souverainiste, je le suis profondément; toutefois, vivre dans un Québec indépendant dirigé par des Yves-François Blanchet détenteurs tout-puissants du pouvoir et de la pensée unique: ça jamais!


Souvenir de suffisance parlementaire


J'ai un souvenir qui remonte aux débuts parlementaires du député Blanchet et qui m'avait envoyé un coup de semonce en ce qui a trait à la rusticité de ses manières. Il y a quelques années, en réponse à Fatima Houda-Pépin qui lui cédait la parole à la période de questions, le ô combien respectueux député s'était mis à fanfaronner en s'adressant à la Vice-présidente pour lui enseigner d'un ton théâtral et hautain que chez nous, on ne dit pas Drummond (prononcé à l'anglaise avec le D final bien audible), on dit Drummonne; prétexte pour affirmer pompeusement dans la phrase suivante que LUI était le vaillant député de Drummonne.

Sur le fond, il avait raison, nous du Centre-du-Québec prononçons en effet Drummonne. Mais, est-ce que cela méritait une telle opération de pétage de bretelles et de cabotinage méprisant en pleine période officielle de débat. Je m'étais alors dit, en entendant cet échange: «Mais, quel manque de classe!» Et pour quelque chose de complètement futile en plus. Quel irrespect à l'endroit de cette parlementaire respectée et respectable, francophone et francophile! Pourtant, depuis ma jeunesse, j'entends entre autres Bernard Derome et aujourd'hui Céline Galipeau dire Drummond à l'anglaise sans avoir jamais eu vent que Monsieur Blanchet en fasse un plat ou essaie de les tourner en bourrique pour cela.

Tout cela pourrait n'être qu'une banale anecdote, bien sûr, et je préfère laisser à son biographe le soin de répertorier les épisodes narcissiques du genre de mon député. Un jour, les mots de ces diverses manifestations pourront être gravés sur le miroir gigantesque qui trônera devant les yeux de l'énorme statue de bronze érigée à son effigie sur le terre-plein du boulevard Saint-Joseph.

Par contre, comme j'ai évoqué le souvenir d'une déjà bien lointaine envolée verbale au goût douteux, il convient de prendre quelques lignes ici pour aborder sa plus récente sortie pour le moins discutable, signe qu'avec le temps le ballon égotiste du personnage est toujours bien gonflé à l'hélium.


Le dilemme du politicien: défendre (avoir) des idées ou manger à tous les râteliers?


Dans un article de L'Express publié le 8 août sous la plume de Maxime Rioux, Yves-François Blanchet explique ses bras ouverts à l'appui du candidat conservateur aux dernières élections fédérales et toujours membre actif du PLQ (!), Normand W. Bernier, dans ces termes:
«Il y a des gens, des souverainistes, qui m’ont reproché d’accueillir parmi nous Normand Bernier. M. Bernier, fait maintenant partie du Parti québécois. Il fait partie des 14 %, 15 %, 16 % ou 17 % dont on a besoin pour gagner un référendum. Qui serions-nous pour ne pas accueillir tous les M. Bernier du monde? C’est notre devoir le plus solennel!
http://www.journalexpress.ca/Elections/2012-08-08/article-3048176/%26laquoQui-serions-nous-pour-ne-pas-accueillir-tous-les-M.-Bernier-du-monde%26raquo/1
Or, dans cette envolée au ton messianique, Monsieur Blanchet confond (sciemment) deux choses: l'appui à la souveraineté du Québec et l'appui au PQ (et à son humble personne). Sur ce point, le député ne peut pas ignorer que c'est une constante: tous les sondages démontrent TOUJOURS que le projet souverainiste est plus populaire que le Parti Québécois. Il faut vraiment être un fieffé adepte des raccourcis boiteux, un génie du sophisme, pour faire sans gêne cet amalgame aussi simpliste entre l'appui à la souveraineté du Québec et l'appui à Yves-François Blanchet!

Puis, pendant que d'un côté de la bouche, il utilise l'argument noble de l'appui à la souveraineté pour justifier ses fréquentations purement électoralistes, le candidat péquiste dans Johnson, dans un autre article du même journal dont le texte n'est disponible que dans l'édition papier (Normand W. Bernier aurait approché le PLQ récemment, édition du 8 août 2012 à la page 10), cette fois du journaliste Jean-Pierre Boisvert, lève le nez sur les «puristes» d'ON et de QS - veut-il dire des souverainistes qui n'ont pas peur de dire qu'ils le sont? - et dit d'eux qu'ils font preuve d'un «manque de jugement typique».

Si vous croyez que le député Blanchet travaille pour faire avancer l'adhésion à la souveraineté du Québec, personnellement, des commentaires comme celui-là me donne l'impression que c'est plutôt la souveraineté qui est ici mise au service d'Yves-François Blanchet, quand ça fait son affaire! Quand c'est bon électoralement pour rassembler les brebis égarées et autres gros bonnets dont les idées sont interchangeables dès que l'odeur du pouvoir se manifeste, brandir la souveraineté est utile. Par contre, quand il s'exprime au sujet des souverainistes convaincus qui osent boire à d'autres sources qu'à celle du PQ et à la sienne, là, le Grand berger Blanchet devient tout à coup méprisant à l'endroit de gens avec qui il devrait plutôt avoir une communauté d'intérêt.

C'est pathétique.


Trouver le salut hors du vote stratégique


De mon côté, mon choix est maintenant fait, je ne voterai pas stratégiquement contre les Libéraux, je vais plutôt voter pour le projet politique qui m'inspire le plus, celui d'Option nationale. Ainsi, je ne choisirai pas le 4 septembre prochain le candidat du Parti Québécois qui mange à tous les râteliers pour être réélu, je vais plutôt voter par conviction, simplement.

Bien sûr, je ferai partie de la minorité des électeurs que mon futur député qualifiera possiblement de larves insignifiantes dans le paysage politique ou autres épithètes peu flatteuses. Par contre, dans la même veine que mon OUI au référendum de 1995, mon vote à cette élection-ci, loin du cynisme d'un vote stratégique pour le moins pire, sera pour moi un geste positif emballant, un appui à un projet de société que j'estime être porteur d'avenir pour mon entourage immédiat et pour le peuple québécois.

Cela dit, comme je doute fort que le PQ puisse être en difficulté dans Johnson, pourquoi ne pas appeler d'autres électeurs à faire de même en votant pour leur choix politique numéro 1? Que ce soit pour la Coalition Avenir Québec, Québec solidaire, Option nationale ou même le Parti Québécois, dont les assises sont solides et dignes d'appui à plusieurs égards (en outre, je peux concevoir que des électeurs puissent voir le péquiste Blanchet dans leur soupe pour de bonnes raisons, même si celles-ci m'échappent), allez-y: votez pour votre première option, pour ce en quoi vous croyez vraiment, POUR le parti ou le candidat que vous estimez LE PLUS plutôt que CONTRE ce en quoi vous croyez LE MOINS.

Changez la donne, que ce soit dans Johnson ou ailleurs. Prêtez l'oreille à ce que les politiciens vous proposent de faire plutôt qu'au dénigrement qu'ils adressent à ce que les autres veulent faire.

Vous voulez de la politique positive: votez positivement! Juste pour voir...

Les Québécois pourraient décider ensemble de faire de ce rendez-vous électoral une attaque en règle contre le cynisme et le vote par dépit. Car, ne vous méprenez-pas, si vous et tant d'autres électeurs votez pour le PQ par dépit pour sortir les Libéraux, bien qu'appelant à cette stratégie aujourd'hui, votre bon député - Yves-François Blanchet ou un autre - une fois élu aura tôt fait de réinterpréter à son avantage votre vote comme un appui sans équivoque à sa grande qualité personnelle de rassembleur.


Épilogue


Dans le blogue d'Option nationale (http://onblogue.com/2012/08/15/dumbo-et-la-soupe-au-chou/), le candidat de ce parti dans Jean-Lesage à Québec cite ce passage de Gérald Godin:
«Moi je veux d’abord qu’un député soit une paire d’oreille, qu’on soit comme Dumbo, le fameux éléphant de Walt Disney, pis qu’on écoute ce que le monde a à dire. […] à peu près toutes les solutions aux problèmes des Québécois sont déjà dans la tête des Québécois.»
Je ne m'avancerai pas à déterminer quels personnages peuvent bien inspirer mon représentant actuel à l'Assemblée nationale. Chose certaine, le député Blanchet n'a pas les mêmes oreilles de Dumbo que l'illustre Gérald Godin, député si près des gens et «dont le bureau était à la grandeur de son comté» (http://www.histoireplateau.org/administration/publications/bulletins/automne2007/automne2007GeraldGodin.pdf). Jadis ministre responsable de l’application de la Charte de la langue française durant une courte période, Godin était un pur passionné du Québec entre les mains de qui la loi 101 ne servait pas d'épouvantail à moineaux et de faire-valoir politicien. Autres temps, autres moeurs: les choses ont bien changé!

Le 4 septembre prochain, le PQ a de bonnes chances de former le gouvernement et, en ce qui me concerne, c'est tant mieux; le Parti Québécois a certes l'équipe et le potentiel pour ramener un peu de lumière là où neuf années de gouvernement du Parti libéral aura laissé tant d'obscurité.

Et, dans Johnson, Yves-François Blanchet peut très bien se passer de mon vote pour à nouveau être élu député. Or, dans ce scénario, chose certaine, le député Blanchet sera nommé au conseil des ministres. Après tout, Pauline Marois lui en doit une, car au moment où son leadership était en pleine tempête, le député de Drummond a été de toutes les tribunes pour la défendre bec et ongles: un vrai pit-bull!

D'un point de vue partisan, il faut reconnaître qu'Yves-François Blanchet a tenu le fort vaillamment pendant que le leadership de sa chef se faisait brasser de façon peu commune au sein même du Parti Québécois. Et, cet acharnement à braver l'adversité (geste de solidarité louable ou d'entêtement intéressé?) lui vaudra à coup sûr une place de choix dans le cercle restreint des décideurs gouvernementaux, sans aucun doute à titre de gestionnaire d'un portefeuille lié à la culture et à la langue, ses dossiers de prédilection. (À moins que voit le jour un tout nouveau ministère créé sur mesure pour lui: place au futur ministre de la Vanité, de la Suffisance et du Bombage de torse!)

Pour le reste, au terme de l'élection du 4 septembre prochain, le député élu dans Johnson aura gagné ses épaulettes pour représenter à l'Assemblée nationale les citoyens - espérons-le, TOUS les citoyens - de la circonscription. Et sa victoire sera d'autant plus méritoire si les électeurs ont voté POUR lui plutôt que CONTRE quelqu'un d'autre.

Gens de Johnson, à vous la parole le 4 septembre prochain!


* * * * *

Si un homme a une grande idée de lui-même, on peut être sûr que c'est la seule grande idée qu'il ait jamais eue dans sa vie.
- Alphonse Esquiros, auteur et homme politique français


vendredi 17 août 2012

Pourquoi je ne voterai pas (non plus) pour le PQ! (première partie)

C'est connu et vérifié, le vote des électeurs est, de façon très généralisée, motivée par la force d'attraction d'un parti politique en particulier et la popularité de son chef. Règle générale - ce que confirme à chaque rendez-vous électoral tant les analystes politiques que les maisons de sondage - l'identité et les prises de position des candidats locaux n'ont de l'impact qu'auprès d'une très mince tranche de l'électorat. Et c'est normal: le canon médiatique national a par sa nature plus d'impact dans la population que l'ensemble de tous les petits tire-pois partisans locaux et régionaux.


Le parti compte, mais le candidat aussi


Par contre, ceux qui me lisent à l'occasion doivent commencer à me connaître un peu et ne seront pas surpris d'apprendre que, pour moi, le candidat local lui-même revêt une importance notable dans mon choix, au point même où l'appartenance partisane, tout en étant importante jusqu'à un certain point, pourrait finir par avoir fort peu de prise - mise à part la position à l'égard de la souveraineté du Québec comme je l'ai déjà exprimée - sur mon vote.

C'est ainsi que mon vote pourrait aller à un parti ou à un autre, en fonction des candidats spécifiques d'une circonscription donnée que j'estime être des êtres humains de qualité et en qui j'ai confiance. Des exemples? Par qui est-ce que je commence? (Note: les mentions qui suivent ne constituent pas une liste exhaustive.)

Tenez, allons-y d'abord avec le parti qui a en son sein le plus de ces candidats qui seraient susceptibles d'avoir mon vote à cause de la qualité personnelle remarquable de certains de ceux-ci: le Parti Québécois.

Si je votais dans Rosemont, je voterais (aveuglément) pour Jean-François Lisée; dans Borduas, ce serait Pierre Duchesne. Si j'habitais dans Laval-des-Rapides, aucune hésitation: Léo Bureau-Blouin. Dans Marie-Victorin, Bernard Drainville à 100 milles à l'heure! Bourget? Maka Kotto, bien sûr! Et Djemila Benhabid dans Trois-Rivières aussi, malgré sa sortie difficile sur la religion et l'état (la place du crucifix à l'Assemblée nationale), une pelure de banane au sujet de laquelle je l'ai entendue dire que l'intellectuelle ne pense pas forcément la même chose que la candidate (!)... (Une campagne électorale n'est pas le forum indiqué pour faire dans la nuance!) Quelle chance ils ont les Trifluviens de pouvoir accorder leur vote à une si exemplaire citoyenne du monde, à une intellectuelle qui n'a pas la langue de bois! Et que dire de mon vote que j'accorderais dans Crémazie à la gestionnaire scolaire efficace et transparente qu'est Diane De Courcy... Euh... Oups! Non, je ne ferais pas ça! (Appelons-la une exception qui confirme la règle.)

Si, par ailleurs, je votais dans Gouin, je me précipiterais au bureau de vote pour accorder ma confiance à Françoise David de Québec solidaire. Puis, dans Nicolet-Bécancour, devinez pour qui je voterais! Jean-Martin Aussant, l'inspirant chef d'Option nationale, bien entendu!

Et la CAQ? Elle n'est pas en reste, car cette formation politique aurait elle aussi mon vote, entre autres, dans les circonscriptions de Repentigny et d'Arthabaska, représentées respectivement par les candidates caquistes franches et intègres Chantal Longpré et Sylvie Roy.

Quant au dernier parti (et non le moindre!), le Parti libéral du Québec, sachez que si je votais dans la circonscription de Sherbrooke... ... ... Haha! Mais non, voyons! Je ne voterais pas pour Jean Charest. Il ne faut quand même pas charrier!

Voilà donc pour les exemples de candidatures pour lesquelles j'aurais un préjugé favorable, peu importe la bannière partisane. Mais, si un candidat donné peut à lui seul grandement influencer mon vote, l'inverse est également vrai, à savoir qu'un autre candidat, lui, peut fort possiblement m'inciter à NE PAS voter pour tel ou tel parti.


Le PQ dans Johnson


C'est ce qui m'amène à aborder mon cas personnel d'électeur en réflexion qui aurait peut-être pu, une fois la CAQ écartée de ses choix (voir http://lecentricois.blogspot.ca/2012/08/pourquoi-je-ne-voterai-finalement-pas.html), se ranger du côté du Parti Québécois. De fait, en toute logique, c'eut été le choix sensé d'un point de vue stratégique où la volonté de faire un geste pour barrer la route à la formation par le Parti libéral d'un quatrième gouvernement consécutif pèse un brin dans la balance.

Or, dans mon cas, en tant qu'électeur dans Johnson, il faudrait vraiment que je me pince le nez pour voter pour le PQ! Pourquoi donc? Parce que le destin aura voulu que le candidat péquiste dans ma circonscription soit celui entre tous pour lequel je ne peux me résoudre à voter. Depuis le début de la présente campagne, je me dis que la pilule pourrait finir par passer - après tout, le type se dit souverainiste aussi - et que je pourrais, en paix avec moi-même, être en mesure de voter pour le PQ comme jadis malgré le fait que le nom inscrit sur le bulletin de vote soit un répulsif à mon appui. Mais bon, j'ai beau essayer, quand mes yeux ont notamment le malheur de lire ce que rapporte les médias locaux au sujet de mon député, je fais systématiquement une rechute. Le remède: clore le dossier en décidant une fois pour toutes que mon vote n'ira pas au PQ!


À suivre...

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(Suite... http://lecentricois.blogspot.ca/2012/08/pourquoi-je-ne-voterai-pas-non-plus_19.html)

jeudi 21 juin 2012

La francisation des marques de commerce: quel mauvais combat de l'OQLF!

À nouveau, l'Office québécois de la langue française annonce qu'elle sort ses gros bras (gonflés à l'hélium), cette fois pour mettre au pas les commerces dont le nom n'est pas francisé:
Après avoir fait preuve d'une grande tolérance ces dernières années, l'Office québécois de la langue française (OQLF) a décidé de serrer la vis aux commerçants qui affichent leur marque en anglais (sic) sans descriptif en français. (http://www.985fm.ca/national/nouvelles/l-oqlf-promet-des-sanctions-pour-les-entreprises-n-152701.html)
Ainsi, l'OQLF ne s'attèle pas tant à valoriser le français qu'à combattre l'anglais. Or, un nom propre n'appartient pas à une langue en particulier. Si, par exemple, des commerces comme DeSerres, Brunet ou Valentine ne sont pas tenus d'ajouter un descriptif à leur nom, selon quelle logique pourrait-on forcer Tim Hortons, Bentley ou Harvey's à le faire? Et Bell, est-ce plus inacceptable comme nom de commerce que Desjardins? Et El Zazium, Shawarma Express, Okimo et tant d'autres? Et toutes les déclinaisons de Casa, de Trattoria, de Phở X Y Z, etc.?

On a beau citer sans arrêt des exemples de vilains commerces dont le nom est composé de mots empruntés à la langue anglaise (Canadian Tire, Home Depot, Burger King, Sushi Shop, Toys "R" Us, Urban Outfitters, Subway, etc.), si on commence à vouloir tout franciser sans discernement, l'OQLF aura vraiment du pain sur la planche, autant d'efforts qui, par ailleurs, ne rapporteront rien du tout étant donné que cette ligne dure de la francisation des marques de commerce par l'ajout obligatoire d'un descriptif en français ne résistera pas au test des tribunaux. Et, pendant ce temps, l'anglicisation - la vraie - se poursuivra sans faire de bruit.

Concrètement, si on harcèle Canadian Tire afin de forcer la chaine à franciser son nom au Québec en y intégrant un élément descriptif en français, va-t-on faire preuve du même zèle auprès d'IKEA, de RONA, voire de Provigo? C'est un mot français ça, Provigo?

Dans le même ordre d'idées, certaines bannières ont volontairement fait le choix de modifier leurs noms au Québec afin de leur donner une saveur francophone, autant de gestes qui méritent évidemment d'être salués. Sauf que, mettez la main sur le dictionnaire français le plus proche et cherchez-y les mots Équipeur, Esso et Pharmaprix: vous n'en trouvez nulle trace.

Mais alors, ce sont vraiment des noms français? Quelle est la grille d'évaluation qui permet de déterminer qu'un nom est acceptable et qu'un autre ne l'est pas?

Un concessionnaire automobile, Montréal Auto Prix, a bien un nom composé de trois mots en français correct, mais je vous mets au défi de trouver une logique syntaxique dans cette appellation. Si ça passe dans ce cas, ça implique que Boston Pizza est tout aussi conforme.

Par ailleurs, la chaîne de supermarchés Metro a bien un nom à consonance française. Or, voilà que le détaillant québécois se fait reprocher que son nouveau logo en minuscules ne comporte pas l'accent sur la lettre E (http://www.newswire.ca/en/story/913305/le-mouvement-quebec-francais-appuie-yves-michaud-et-demande-a-metro-de-mettre-l-accent-sur-sa-clientele-quebecoise). Mais pourquoi faudrait-il absolument que Metro ait un accent? Ses propriétaires ont décidé d'identifier leur entreprise ainsi, alors c'est son nom. Point final. Est-ce que les ayatollahs de la langue française vont envahir les pouponnières afin d'enquiquiner les hérétiques parents des petits Theo et Megane qui auraient par malheur commis le geste impur d'omettre l'accent dans le prénom de leur progéniture? Évidemment non, voyons: un nom c'est un nom, comme vous pouvez choisir d'écrire Catherine ou Katerine, Jérémie ou Jeremy, ...

Et puis, tant qu'à y être, Drummondville, ce n'est pas très français comme appellation. Ainsi, j'attends avec impatience que le député de Drummond et porte-parole du Parti québécois en matière de langue, Yves-François Blanchet, ajoute à sa liste de revendications linguistiques l'exigence que la métropole centricoise ajoute à son nom un descriptif en français pour devenir officiellement la municipalité de Ville de Drummondville!

Par ailleurs, tout ameuté soit-il sur la question des marques de commerce en anglais, le même député déchirerait sa chemise en public si, par malheur, un pays comme les États-Unis exigeait soudainement via une loi l'anglicisation des marques de commerce sur son territoire, forçant du coup le Cirque du Soleil à modifier son nom afin de se conformer aux exigences linguistiques américaines: The Cirque du Soleil Circus.

L'ironie suprême, c'est qu'au moment où on s'acharne sur des commerces à cause de la consonance anglaise de leur nom et qu'on exige d'eux un descriptif en français, il suffit de circuler dans les rues du fief pourtant francophone du député Blanchet pour y voir - effet de mode - des commerces dont c'est le descriptif qui est en anglais. Deux exemples rapides de bars situés tous deux sur la rue Lindsay:

Quant à la ministre Christine St-Pierre, elle a beau affirmé d'un ton ferme que «les commerçants devront se conformer à la loi sur la langue d'affichage», il demeure que son intervention survient en période pré-électorale dans un contexte où le gouvernement qu'elle représente a fait preuve depuis des années du plus indifférent laisser-faire en matière linguistique.

Au fond, toute cette démarche pour tenter de nous convaincre que les marques de commerce sont l'instrument le plus vil de notre assimilation n'est que de la poudre aux yeux de la part de l'OQLF et des politiciens. Voilà un effort de diversion condamné à l'échec pour nous faire oublier que la Charte de la langue française comporte nombre de dispositions qui, si elles étaient accompagnées d'un minimum de courage pour en forcer l'application, permettraient d'assurer que l'usage du français soit respecté dans la langue d'affichage (autre que la marque de commerce), dans la langue de service à la clientèle et dans la langue de travail, trois pans de la loi qui sont encore allègrement bafoués ici et là.

Bref, au lieu de mettre ses efforts pour encourager et faire respecter l'usage du français dans le quotidien des Québécois, l'OQLF s'efforce de camoufler les piètres résultats engendrés par la mollesse de son action en mettant de l'avant une opération purement factice d'acharnement sur les marques de commerce, des noms propres qui ne répondent pourtant à aucune logique linguistique.

Bon, assez pour aujourd'hui; il fait trop chaud pour s'indigner! C'est l'heure des rafraîchissements. Bien sûr, il serait exagéré de ne visiter une succursale des Pizzerias Pizza Hut que pour pouvoir me désaltérer d'un grand verre de Mountain Dew - Boisson gazeuse à la limonade... Alors vite, que j'ouvre une boîte de Rafraichissements à l'eau glacée Mr.Freeze achetée chez Les supermarchés Loblaws ou que j'aille rapidement faire le plein à la Station-service Shell avant de courir chez Dairy Queen - La chaine de restauration rapide qui au Québec se limite à être un bar laitier, où l'on m'accueillera dans un français impeccable, j'en suis sûr!