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mercredi 16 avril 2014

Pauline Marois aurait déclaré: «C'est moi la première vraie belle-mère du PQ!»

Prenant publiquement la parole pour la première fois depuis le soir de la cuisante défaite électorale de son parti, l'ex-première ministre du Québec et chef démissionnaire du Parti Québécois, Pauline Marois, s'est adressée aux médias lors d'un point de presse tenu en après-midi.

D'un ton digne, elle aurait d'abord, selon nos sources, dressé un long bilan des réalisations de son gouvernement: «Pour un gouvernement qui pensait supposément juste à faire un référendum, je nous trouve pas pire pantoute! In your face, mon Philippe!» Elle aurait en outre prononcé quelques mots pour féliciter son successeur Philippe Couillard d'avoir accédé au poste de premier ministre, l'objet de sa victoire – «his abject victory», aurait-elle répété pour le bénéfice des représentants des médias anglophones présents et identifiables au sein du groupe par le sourire chronique qu'ils affichent depuis le soir du 7 avril.

Puis, Pauline Marois aurait levé le menton bien haut avant de déclarer d'un ton solennel:
«Je suis fière et reconnaissante d'avoir été la première femme à être élue au poste de première ministre du Québec. À compter d'aujourd'hui, je me ferai un devoir d'être à la hauteur de mon nouveau rôle. Parizeau, Bouchard et Landry n'ont qu'à bien se tenir: c'est moi la première véritable belle-mère du PQ!»

Par ailleurs, alors que madame Marois était toujours au micro pour répondre aux questions des journalistes, les députés Bernard Drainville, Jean-François Lisée et Pierre-Karl Péladeau auraient été vus à l'extérieur de la salle, faisant le pied de grue (d'autres sources parlent de jambettes) derrière une porte de service dans l'attente fébrile de venir tour à tour galvaniser les troupes péquistes en déroute.

Parallèlement, selon la rumeur, celle qui porte désormais aussi le titre honorifique de «Premier agneau de Charlevoix sacrifié selon les rites électoraux erratiques des Québécois» aurait émis à l'écart des micros ce commentaire à la volée au sortir de la salle:
«Y vont voir que 70 gigots libéraux élus, quand c'est pas frais, c'est pas long que ça finit par puer, même quand ça a été au préalable cuit pendant neuf ans dans une poêle en teflon où rien ne colle.» 



mardi 26 juin 2012

Machiavel répondrait facilement à la question: «Pourquoi le PQ va se faire planter?»


Non, ce n'est pas spécifiquement à cause de cette vidéo en particulier où Pauline Marois tape maladroitement sur des casseroles:

http://www.youtube.com/watch?v=F5xBxubCRrI

* * * * *

(Avant de poursuivre votre lecture, prenez bonne note que l'auteur de ces lignes ne se réclame d'aucune appartenance au Parti Québécois. Tout au plus en a-t-il profondément marre de voir le PLQ gouverner le Québec en multipliant les manoeuvres douteuses et en réussissant chaque fois ses tentatives de noyer le poisson et de faire dévier le débat devant une opposition maladroite et amorphe.)

* * * * *

Paul Arcand a réalisé une entrevue ce matin avec l'auteur de la vidéo en question qui affirme avoir mis en demeure le PLQ pour avoir utiliser ses images sans autorisation.

Du grand plagiat, de l'amateurisme malhonnête, de la vraie de vraie politique sale! La turpitude au service du pouvoir... Pour une raison bien simple et vieille comme le monde: parce qu'en politique, la fin justifie les moyens.

La ligne de réplique du PQ aurait très bien pu - aurait dû en fait - s'articuler autour du fait qu'avec ses casseroles maladroites, Madame Marois, elle, n'enfreint aucune règle éthique… Au lieu de cela, c'est le silence radio de la part de la chef péquiste, qui ne donne aucune entrevue sur la question, contribuant du coup à alimenter la nouvelle: «si elle garde le silence, ça doit être que le coup fait mal», aura-t-on tôt fait de présenter comme hypothèse.

Il y a quelques minutes, c'est donc Nicolas Girard qui était mandaté pour discuter de l'affaire avec Benoit Dutrizac. Résultat: une entrevue chloroforme dans laquelle le PQ répète que les Libéraux ne sont pas fins et que le PQ, lui, est gentil-gentil.

Dutrizac a bien résumé ce qui me parait évident dans le contexte en disant que puisque le PQ fait ce choix de ne pas répliquer coup pour coup aux messages négatifs des Libéraux: «Aux prochaines élections, vous allez vous faire planter!»

Le plus triste pour le PQ qui ne réagit pas, c'est que tout cela n'est après tout qu'une utilisation d'images anecdotiques sorties de leur contexte, une attaque qui ne fait manifestement pas appel à l'intelligence des électeurs - en fait, pour le dire plus directement, qui ne fait pas appel aux électeurs parmi les plus intelligents - mais comme chaque vote compte...

Bien sûr, allez voir les images que recèlent Google lorsque vous y entrez "Jean Charest" et vous découvrirez rapidement qu'elles ne sont pas toutes à son avantage. Mais là, le PLQ a fait franchir à celles-ci la barre pour qu'elles deviennent grand public, des images plagiées desquelles il tirera à n'en pas douter un avantage devant un adversaire bonasse qui ne veut pas se salir les mains.

Qu'est-ce que les Québécois veulent? Un gouvernement de copieurs ou un gouvernement qui s'intéresse aux préoccupations de la population? Le PQ pourrait utiliser ce prétexte pour proposer aux Québécois un tel message. Mais, les troupes péquistes ne le feront pas, croiseront plutôt les doigts dans l'espoir que cette (non-)nouvelle meurt au plus vite dans les médias et le PLQ va conséquemment tirer seul les bénéfices de son mesquin plagiat, opération qu'il fera tout pour mousser davantage.


Pourtant, le PM aussi peut être parodié...


... sans même modifier une seule image!

Qu'attend le PQ pour diffuser à son avantage l'extrait de Jean Charest qui, les deux pieds dans l'eau avec ses bottes de caoutchouc durant les inondations de la Montérégie, demandait le plus sérieusement du monde à un sinistré:

«Est-ce que votre maison est inondée?»

Un PM qui ne voit pas le problème même quand il a les deux pieds dedans, ça ferait une bonne ligne de réplique à la boue jetée par le PLQ.

Mais, le PQ ne le fera pas…

Nicolas Girard l'a dit ce midi à Benoit Dutrizac, une réponse qui va causer la perte du PQ, encore une fois:
«On ne fera pas de campagne négative.»

La recette parfaite pour conserver sa belle vertu... et demeurer dans l'opposition.