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vendredi 20 janvier 2012

Les lapsus et bourdes linguistiques de tout acabit sont légions dans les médias

Dans la foulée de la décision radicale de LCN de retirer de ses ondes la lectrice de nouvelles Mélissa François suite à son bénin impair d'avoir nommé le défunt dictateur nord-coréen Kim Jong-Deux, il est devenu normal d'être davantage alerté lorsque quelqu'un dans les médias - de Quebecor en particulier mais aussi des autres - commet un lapsus, une faute de prononciation, une erreur dans les noms et les faits rapportés ou quelque bourde linguistique que ce soit.

Chaque fois, je me dis à la blague : « Voilà quelqu'un d'autre qui risque de perdre sa job! » Toutefois, je demeure convaincu que ce motif ridicule a servi de prétexte au réseau pour relever son employée de ses fonctions, sans quoi bien des journalistes, chroniqueurs et autres lecteurs de nouvelles - même les plus chevronnés - auraient tôt fait de disparaître du petit écran.

Depuis quelques semaines, donc, j'ai capté bon nombre de bourdes linguistiques à la radio et à la télé - certaines bien pires que Kim Jong-Deux - qui sont difficiles à rapporter ici faute de moyens techniques pour les capter et de temps pour les consigner. Toutefois, cela s'avère plus facile lorsque ces gaffes sont commises dans les médias écrits.

À ce chapitre, le chroniqueur Benoit Aubin, dans sa chronique du 17 janvier dernier dans le Journal de Montréal, a écrit une perle dans le genre :

« Réformer le mode de scrutin et unir les forces indépendantistes est le dossier que pilote le député Martin Drainville en vue du conseil national du PQ à la fin du mois. » (http://lejournaldemontreal.canoe.ca/journaldemontreal/chroniques/benoitaubin/archives/2012/01/20120117-081600.html)

Le cynique pourrait arguer que la confusion vient du fait que les deux font du théâtre, mais concrètement, Martin Drainville est l'acteur et comédien pendant que le politicien et député Drainville, c'est Bernard!

Cela dit, du mince souvenir que j'en ai, la chronique de Benoit Aubin était intéressante et au grand jamais il ne me viendrait à l'idée de penser que cette faute mérite qu'on la lui retire. J'ai lu Martin Drainville; je me suis immédiatement dit qu'il s'agissait d'une erreur d'inattention et, après avoir souri, j'ai poursuivi ma lecture. Point. Pourtant, ce type d'erreurs attirent maintenant bien davantage mon attention depuis que TVA a appliqué une sanction aussi sévère à sa lectrice Mélissa François pour une faute qui s'explique beaucoup plus aisément. Entre vous et moi, lequel des deux personnages est le plus présent dans les médias du Québec et devrait conséquemment voir davantage son nom rapporté correctement : le lointain Kim Jong-Il ou le député péquiste et ex-journaliste radio-canadien Bernard Drainville?

L'effet pervers de cette décision injuste pour LCN, TVA et les autres médias de Quebecor, c'est qu'en ayant voulu tuer une mouche avec un canon, l'empire médiatique donne l'impression de prendre le parti de l'injustice arbitraire, ce qui n'est certainement pas sa volonté, lui qui dans sa mise en marché s'efforce pour être perçu comme étant près des gens, une opération réussie en général.